Avant le phare, il y avait un arbre. Un arbre isolé au bord de l'estuaire, devenu repère des marins.

Phare de Richard

Jau-Dignac-et-Loirac

Collection de la commune

FIG. 1

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Tout commence par un arbre. Au XVIIIe siècle, un peuplier (ou un orme) se dressait, isolé, sur une pointe avancée de la commune, au bord de l'estuaire de la Gironde. Les navigateurs l'appelaient « l'arbre de Richard ». Ce n'était pas qu'un ornement : ce grand arbre leur servait d'amer, ce repère visuel indispensable pour éviter le redoutable banc de sable voisin, le « platin de Richard ».

D'où vient ce nom de Richard ? De Pierre Richard, dit « Montchie », pêcheur à gord sur la paroisse de Jau au XVIIIe siècle. Il possédait le seizième gord, tout près duquel poussait l'arbre. Le nom de l'homme passa à l'arbre, puis à la pointe, puis au banc de sable. Une belle chaîne de transmission, née d'un pêcheur et d'un tronc.

Au début du XIXe siècle, une tempête emporte l'arbre-amer. Les marins perdent leur repère. Une bouée est mouillée dès 1831 pour signaler le banc, puis on décide de bâtir un ouvrage durable. En 1843, la Maison Prieau de Bordeaux élève une tour cylindrique en maçonnerie de 18 mètres, sur des plans des ingénieurs Deschamps et Chambrelent. Le feu s'allume vers 1845. Trop courte pour être vue de loin, elle est doublée en 1870 par une haute tour métallique de 31 mètres, signée de l'architecte Louis Édouard Lecointre. À chaque fois, le nom de Richard passe à l'ouvrage : l'arbre disparu vit désormais dans la pierre et le métal.

Les deux phares de Richard, sur les bords de la Gironde. Carte postale du début du XXe siècle (édition Veuve Henry Guillier, n°12132).

Plan, coupe et élévation du phare de Richard, document conservé aux Archives départementales de la Gironde (2002/086 707 BIS), photographié par Hugues Verley.

Plan, coupe et élévation du phare de Richard, document conservé aux Archives départementales de la Gironde (2002/086 707 BIS), photographié par Hugues Verley.

Vue plongeante sur l'escalier en pierre du phare de Richard, avec sa rampe de corde qui accompagne l'ascension vers le sommet de la tour.

Vue plongeante sur l'escalier en pierre du phare de Richard, avec sa rampe de corde qui accompagne l'ascension vers le sommet de la tour.

Dates clés

1831

Une bouée signale le banc de Richard

1843

Construction du premier phare en maçonnerie (18 m)

1870

Mise en service de la tour métallique de 31 mètres

1953

Extinction du phare métallique

1992

Création de l'Association Communale du Phare de Richard

Le saviez-vous

L'escalier à vis de la tour de 1843 n'a jamais été pensé pour les visiteurs : ses 63 marches en pierre dure des carrières de Beguey, à Cadillac, sont étroites et éclairées par seulement 4 petites fenêtres. Les jambes s'en souviennent, mais la vue sur l'estuaire récompense l'effort.

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Initiative municipale

Jau-Dignac-et-Loirac

Cette fiche s'inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine et de l'histoire des rues de la commune, pour la rendre accessible à tous.

Corinne Bocher

Corinne Bocher

Troisième Adjointe

« Notre phare porte le nom d'un arbre disparu : un repère devenu monument. C'est toute la mémoire de notre estuaire qui veille au sommet de cette tour. »

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